Fini de tergiverser

Un article de

 

Quand nous avons proposé le 11 janvier dernier un grand débat citoyen et une primaire des gauches et des écologistes, les citoyens français ont répondu positivement et avec enthousiasme dans leur grande majorité : plus de 70% des électeurs de gauche s’y déclarent favorables.

Les partis politiques, eux, n’ont accepté en façade que pour mieux se défiler. En témoigne le flou des motions adoptées le week-end dernier. Les appareils jouent la montre car ils n’ont que l’arme du temps face à la multiplication des initiatives de la société civile.

Nous sommes des lanceurs de débats, comme il y a des lanceurs d’alerte. La situation de notre pays est assez grave pour qu’aujourd’hui nous voulions interpeller les partis politiques. Nous les appelons à prendre enfin leurs responsabilités et à se prononcer clairement sur les trois principes fondamentaux suivants.

1. La primaire sera ouverte à tous les citoyens se reconnaissant dans les valeurs de la gauche et de l’écologie, et à l’ensemble des partis et des mouvements de la gauche et des écologistes, présents ou absents du pouvoir actuel, sans exclusive. Pour être candidat, chaque citoyen devra obtenir un nombre minimal de soutiens populaires ou d’élus. Aucun parti ne pourra empêcher la participation de plusieurs candidats ayant obtenu suffisamment de soutiens.

2. La primaire se tiendra au plus tard en décembre 2016, après au moins cinq semaines de débat suivant la date de clôture officielle du dépôt des candidatures. Le calendrier définitif devra être adopté au plus tard en juin 2016, afin que l’automne soit consacré au débat démocratique entre candidats, sans incertitude sur la procédure.

3. Les candidats et les partis et mouvements politiques les soutenant s’engagent à ne pas se présenter, présenter ou soutenir de candidats à l’élection présidentielle, autres que celle ou celui ayant remporté la primaire. De son côté le candidat retenu s’engage à faire le nécessaire pour rassembler l’ensemble de la gauche et des écologistes dans sa campagne.

Si les partis politiques n’acceptent pas ces principes, alors qu’ils le disent clairement, mais ils auront à s’en justifier devant les citoyens français, car ils porteront alors la responsabilité d’un nouveau 21 avril.

Nous souhaitons fortement qu’ils acceptent ces principes. Et poursuivre ainsi le temps du débat entamé depuis plusieurs mois un peu partout en France.

Nous appelons également les électeurs de gauche et écologistes à accentuer la pression et à se mobiliser en organisant partout des débats avec du contenu, des idées, des échanges exigeants. A se ré-emparer de la politique et de la démocratie trop longtemps confisquée.

[Ce texte a été diffusé vendredi 15 avril lors de la conférence de presse organisée par Notre Primaire et diffusé au même moment par le compte @notreprimaire]